Dissertation Philosophie Sans Citation Builder

Combien de fois tu as entendu ton prof te dire qu’une introduction en philosophie ça n’avait rien de compliqué, qu’il fallait bien définir les termes, dégager clairement un problème et se lancer dans un plan pour résoudre ce problème ? Combien de fois tu as eu l’impression de faire tout ce qu’il te demandait sans que ta note ne soit à la hauteur de ton investissement ? A partir de maintenant, finie la peur de partir complètement à côté de la plaque, d’introduire un sujet que tu as analysé complètement à l’inverse de ce qu’on attendait de toi ! Nous allons te donner toutes les clés pour bien réussir ton introduction en philosophie et qui dit bonne introduction dit en général bonne copie !

 

La phrase d’accroche, le truc en plus

On te dit souvent qu’une phrase d’accroche ce n’est pas obligatoire et que ton introduction peut être très bonne sans. Certes, mais si tu trouves la bonne phrase d’accroche, tu as le mérite de montrer dès le début à ton correcteur que tu ne vas pas aller à des années lumières de ce qu’il attend de toi. Diverses possibilités s’offrent à toi pour choisir cette fameuse accroche : la référence à quelque chose de la vie courante ou l’une des nombreuses citations que tu t’es tué à ingurgité entre une formule de maths et deux dates de géopo. Attention cependant, ne tombe pas dans le panneau ! Il ne s’agit pas de mettre une citation pour mettre une citation. Il faut que tu t’appuies dessus en la reliant à ton sujet de manière claire, tu dois montrer dès cette citation que tu sais où tu vas (de même pour l’exemple de la vie courante). Il ne s’agit pas non plus d’écrire 10 lignes d’accroche et de noyer ton correcteur dès le début car là aussi c’est la catastrophe… tu dois trouver le juste milieu (2 ou 3 lignes).

 

Pour le choix de ta citation, je te conseille de te faire une petite fiche avec quelques citations que tu pourrais mettre en accroche. Ce n’est pas la peine d’en avoir cinquante. Etant donné que tu ne travailles que sur un thème pour le concours, tes citations d’accroche peuvent toutes plus ou moins se recouper. Je n’avais par exemple qu’une petite dizaine de citations en tête au moment des concours, et j’ai utilisé la même citation d’accroche à trois copies sur quatre alors que les sujets étaient assez éloignés ! Et les résultats ont été très satisfaisants. Encore une fois, il s’agit de bien analyser cette citation et de bien la relier à ton sujet. Si tu y parviens, tu accroches indéniablement ton correcteur dès la première phrase ce qui est de très bon augure pour la suite.

 

La définition des termes, l’incontournable

Tu dois déjà l’avoir compris, une introduction en philosophie dans laquelle tu ne définis pas les termes est une introduction ratée et qui dit introduction ratée dit copie ratée. Tu ne peux pas y couper : la définition des termes est INDISPENSABLE. Mais là encore, il ne faut pas définir les termes pour définir les termes, il faut que tu montres à travers cette définition que tu vois ce que le sujet te propose, que tu comprends où il veut t’emmener. Ne récite pas bêtement toutes les définitions des termes du sujet en les juxtaposant (« La parole c’est …. Mais c’est aussi…. Oh puis c’est aussi… »), il faut que chaque définition que tu as choisie soit détaillée et justifiée (à mettre en relation avec un aspect du sujet). Ce qu’il y a de bien avec la définition des termes c’est que si tu le fais sérieusement, en définissant chaque terme et en faisant varier leur sens, le ou les problèmes principaux du sujet apparaissent de manière quasi-évidente. Il te suffit de mettre en relation les définitions détaillées, de te demander en quoi les références que tu as acquises abordent ce problème (et quel que soit le sujet, crois-moi, elles l’abordent) et le(s) problème(s) s’offrent à toi.
Pour ce qui est de la « quantité », il n’y a bien sûr rien d’exigé mais ne néglige pas cette étape, la définition des termes doit prendre une bonne partie de ton intro !

 

Problème et problématique, quelle différence ?

Dans cette partie, ce n’est qu’une appréciation personnelle qui a plutôt bien fonctionné pour moi mais il ne tient qu’à toi de choisir de suivre ces conseils ou non.

La problématique est l’aboutissement de ton introduction en philosophie (avant bien sûr l’annonce de ton plan). C’est à cette étape que tu montres à quel point ton accroche et tes définitions méticuleuses t’ont permis d’arriver à aboutissement général pour traiter le sujet. Selon moi, il y a toujours plusieurs « petits » problèmes cachés derrière un sujet et les découvrir te permet d’aboutir à ta problématique. Je te conseille d’évoquer ces problèmes entre tes définitions et ta problématique, tu peux voir cela en guise d’étape 3 de ton introduction en philosophie. Une fois le lien général trouvé entre les problèmes que tu as dégagés, il ne reste plus qu’à former ta problématique. Pour cela, rien de fixé, personnellement je choisissais souvent une alternative avec un « ou » mais cela ne relève que de ton choix personnel !

 

Le plan, le moment délicat

Combien de fois au cours d’un DS de philo tu te demandes si tu n’es pas en train de partir en vrille avec un plan sans queue ni tête ? En effet, un mauvais plan est souvent l’une des causes d’une copie hors sujet… Contre ça, pas de remède miracle mais si tu suis les conseils précédents, ta bonne analyse du sujet et ta problématique bien posée te permettront normalement de t’en sortir avec un plan qui tient la route. Ce que je peux te conseiller est d’essayer de balayer large avec ton plan, essaie de pouvoir aborder tous les aspects du sujet. En réalité, mon prof disait souvent de partir du plus simple (1ère partie), l’aspect évident du sujet pour aller jusqu’au plus compliqué (3ème partie), l’aspect caché, que tu as découvert par ta réflexion.

 

Il y a pourtant un truc auquel tu ne peux pas échapper : la réponse à ta problématique se fait en 3ème partie, tu dois bien t’en rappeler au moment de construire ton plan. Pour plus de détails sur la construction du plan je te laisserai aller lire un article qui sortira prochainement sur la méthodologie générale en philo.

 

Pour ce qui est de l’annonce de ton plan, il y a deux écoles qui sont pour moi identiques et ne font pas de grande différence le jour J : la première école conseille d’annoncer ton plan de manière traditionnelle, à savoir « Premièrement nous nous demanderons… puis deuxièmement nous verrons …et troisièmement nous analyserons… ». La seconde méthode a peut-être le mérite d’être un peu plus dynamique, elle consiste à formuler une longue phrase dans laquelle tu reprends en quelque sorte le titre de tes parties en les liant ensemble (Exemple : Si la phrase d’accroche paraît être le truc en plus (I), la définition des termes du sujet est le grand incontournable (II). Pourtant le plan est le moment le plus délicat (III)).

 

Bilan

Voilà tu as maintenant les cartes en main pour réussir ton introduction en philosophie ! Je tiens à préciser que ce ne sont que des conseils, libre à toi de piocher dedans ce qui t’y plaît et de laisser ce que tu aimes moins. J’ai utilisé cette méthode dans chacune de mes dissertations et j’ai eu entre 14 et 18 à chaque épreuve de philo sans être brillantissime, donc crois-moi, ça marche ;).

Pour voir des intros type,s je t’invite à aller voir les copies des majors sur le site, elles te serviront de bon exemple pour la suite, n’hésite pas à reprendre leur trame.

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La philo, c’est une matière qui ne se révise pas, n’est-ce pas ?

C’est une bonne remarque ! La démarche philosophique, en effet, est censée être acquise pendant l’année de terminale, mais la démarche ne suffit pas, il faut aussi du contenu. Il y a du vocabulaire à acquérir, des auteurs et des points historiques importants, des exemples que le professeur a pu donner dans l’année pour illustrer le propos. Tout cela, il faut le réviser.

Pourquoi la philosophie est-elle importante pour les seuls bacs L alors que tout le monde doit apprendre à construire sa pensée ?

C’est une question qu’on me pose souvent ! La réponse, selon moi, est que dans notre société, on préfère former des consommateurs passifs que des citoyens avisés…

Lire aussi :   Quiz : avez-vous le niveau bac en philosophie ?

Est-ce que l’on doit toujours citer des auteurs ? Même dans l’étude de texte ?

Dans une dissertation, c’est nécessaire, car la connaissance des auteurs au programme fait partie des critères d’évaluation. Dans l’explication de texte, on attend de l’élève qu’il soit capable de faire un lien entre l’auteur qu’on est en train d’étudier et d’autres auteurs qui ont travaillé sur des thématiques similaires. Par exemple, si la thèse d’un auteur sur la liberté s’oppose à la thèse d’un autre auteur.

Doit-on se cantonner à des références et des exemples très érudits ou est-il judicieux de parler de cinéma, de chanson, de BD si le raisonnement s’y prête ? Comment les correcteurs perçoivent-ils ces références ? Plutôt un point d’originalité ou un risque de faire perdre de la crédibilité à sa copie ?

C’est très clairement un point d’originalité, bien que l’érudition soit aussi nécessaire. Il ne faut surtout pas hésiter à ne pas se cantonner aux références attendues, car cela montre que le candidat est capable de faire des liens entre des éléments très différents.

Peut-on citer par exemple le rappeur Maître Gims dans sa copie ?

On peut ! On peut aussi citer Le livre de la jungle sur le bonheur, mais il faut aussi à un moment ou à un autre aller plus loin que ça.

Vaut-il mieux citer des philosophes ou alors exprimer un point de vue plus personnel si celui-ci est bien construit et argumenté ?

Il ne faut pas préférer l’un à l’autre, il faut les deux. Il ne faut pas oublier qu’on ne cite pas les philosophes pour les citer, mais parce qu’ils proposent des arguments qui nourrissent notre propre réflexion.

Peut-on parler de son expérience personnelle dans la copie, pour donner un exemple ?

On peut le faire, en gardant en mémoire deux choses : la première, c’est une question légale, il ne faut pas donner d’indice sur son identité au correcteur ; la deuxième, c’est qu’il ne faut pas oublier que notre expérience personnelle peut très bien obscurcir notre jugement, et c’est sans doute mieux d’être capable de s’en détacher.

Lire aussi :   Bac 2017 : les sept erreurs à éviter à l’épreuve de philosophie

Quels sont les cinq ouvrages de philosophie qu’il faut absolument maîtriser ?

Pour le bac ou dans la vie ? C’est impossible de répondre, mais il y a quelques livres faciles d’accès pour s’initier à la philosophie, notamment La Lettre à Ménécée, d’Epicure, ou L’Apologie de Socrate, de Platon.

Peut-on imprudemment inventer des citations ?

Non, pas d’invention de citations ! Le correcteur n’est pas un vieux singe à qui on apprend à faire des grimaces. Il vaut mieux connaître les arguments des auteurs que des citations par cœur. Citer, ce n’est pas la même chose que réfléchir.

Est-ce que c’est bien vu de parler d’actualité dans sa copie ?

Cela peut être bien, mais il faut être prudent : éviter les polémiques faciles et s’appuyer sur des informations précises et non sur des rumeurs ou des raccourcis. Pour prendre un exemple récent, si on parle de l’affaire Fillon, il faut garder en mémoire que l’instruction est en cours, et par conséquent ne pas écrire qu’il est coupable. Il est pour l’instant présumé innocent.

Pourriez-vousconseiller une méthode de dissertation ?

C’est compliqué de répondre simplement, mais tous les manuels de philosophie proposent une méthode complète, je vous invite à vous y reporter. Voici cependant quelques éléments importants :

– le plus important est de problématiser la question, c’est-à-dire comprendre pourquoi cette question se pose ;

– ensuite, confronter différents points de vue et les faire dialoguer entre eux ;

– enfin, s’engager dans une réponse, nuancée, mais claire.

En dissertation, est-ce qu’on doit forcément faire une ouverture dans la conclusion ?

L’ouverture, c’est mieux s’il y en a une. On ne sera pas pénalisé s’il n’y en a pas. Le plus important est qu’il y ait une réponse claire à la question.

Comment faire une bonne accroche ?

Je vais faire la même réponse que pour l’ouverture dans la conclusion : une accroche au début de l’introduction est un plus, mais le plus important est qu’il y ait une bonne analyse du sujet. Pour faire une bonne accroche, on peut partir d’un exemple illustrant le problème. Si on doit faire une dissertation sur la justice, on peut commencer en parlant d’Antigone de Sophocle, ou des Misérables de Victor Hugo.

Auriez-vous des conseils pour faire une bonne ouverture ?

Mon conseil serait de relancer le questionnement, en faisant par exemple un lien avec un autre point du programme. Mais il ne faut pas que ce soit trop artificiel et que cela tombe comme un cheveu sur la soupe. L’autre solution peut être de parler d’une œuvre d’art, d’un livre ou d’un film qui illustreraient bien les enjeux du sujet.

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L’orthographe est-elle prise en compte dans la notation ?

Il n’y a pas de barème pour l’orthographe et la grammaire, mais une copie truffée de fautes va forcément être bien moins notée ; ensuite, la qualité de l’expression écrite est le signe d’une pensée bien construite.

Combien de pages faut-il écrire pour avoir une note convenable ?

La quantité ne fait pas la qualité ! Il m’est arrivé de lire huit pages de bla-bla, comme trois pages excellentes. Cependant, on ne dit pas grand-chose en moins de trois pages, et on peut estimer qu’en terminale générale, on est en droit d’attendre 4 à 6 pages.

Des professeurs de maths, de physique, de français, etc., dénoncent depuis des années la baisse du niveau des bacheliers. Est-ce la même chose pour la philo ?

Je peux dire honnêtement que je suis encore trop jeune pour pouvoir en juger. Je ne suis pas sûr que le niveau ait réellement diminué.

Tout savoir sur les résultats du bac et du bac français 2017

Après avoir suivi l’examen et publié sujets et corrigés des différentes épreuves, « Le Monde Campus » a suivi en direct les résultats du bac, mercredi 5 juillet. Notre « live » est à lire ou relireici.

Voici également quelques-uns de nos articles sur les résultats du bac et des épreuves anticipées :

Résultats du bac français 2017 : les dates de publication, académie par académie

87,9 % de taux de réussite au bac, en légère baisse

Académie par académie, trouvez les résultats du bac en un clic

Avec ou sans mention, combien le bac peut-il vous rapporter ?

« Alors, tu l’as ? »(reportage au lycée Jean-Zay d’Orléans)

Plutôt que de moquer les « perles du bac » des candidats, une enseignante recense leurs traits de génie

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